Tarn Up !

Tarn Up !

 

Mais que nous a fait Dame Nature ?

Oui ! Pour évacuer l’eau du sud du Massif Central vers la Garonne que nous a-t-elle inventé ?

Ca ne pouvait pas passer ! Les Causses s’y opposaient ! Mais elle l’a fait !!!

Qu’ils soient de Sauveterre, de Méjean, Noir ou du Larzac ! Ces fameux plateaux karstiques n’ont pas résisté aux assauts répétés des éléments dans le temps. Et aujourd’hui c’est nous qui en profitons…

Rendez vous classique, tout le monde à l’heure, une petite portion d’autoroute, la plaine de la Crau, Arles, Nimes, la route de Sauve, Anduze, Saint Jean du Gard et nous voilà déjà dans le vif du sujet… Alors avant les grandes émotions « arrêt buffet » ! L’erreur !!

A Saint Roman de Tousque l’auberge « La Patache » nous reçoit les bras ouverts, mais là elles s’attablent les unes à côté des autres… Du séjour on ne nous y reprendra plus ! La vraie honte ! Aucune pour rattraper l’autre !! Toutes de vraies pintades !!!

Repus nous repartons vers Florac, là nous commençons à comprendre… Faut-il qu’il en soit passé de l’eau, des mers, des océans ! Pour sculpter de telles cicatrices ! Et qu’elle les porte bien notre jolie planète ! Et comme si elle avait été informée de notre venue, elle nous donne la chaleur en prime… En touristes chevronnés nous visitons la petite commune de Sainte Enimie, enfin nous nous y ressourçons plutôt… Puis usés par le trajet, presque arrivés, et sous l’impulsion de notre Road Captain adoré, au détour d’un virage, après un petit pont de pierres sèches, nous découvrons la crique de « Jean-Claude et Patricia ». Nous y abandonnons une ou plusieurs parties de nos corps selon envies, même si pour le Director c’est d’emblé l’immersion totale dans le Tarn !

Il tire son nom de la concaténation du latin tan et ar, soit falaise et rivière. Du mont Lozère à Castelsarrasin il serpente sur 380 kilomètres, dont 53 de gorges entre Quézac et Rozier. C’est le TARN !

Nous lui sommes infidèles pour la nuit en allant dormir sur la rive droite de la Jonte, dans l’hôtel du même nom.  Elle n’a pas à rougir, en tant qu’affluant du Tarn son environnement est aussi majestueux. Pour apercevoir le ciel il faut regarder à la verticale mais l’effort est bien récompensé, dans une infinité de formes se déclinent les roches déchirées, et chacun peut y voir ce qu’il désire. Jusqu’au repas pris au Restaurant  « les Douzes » intégré à l’hôtel, tout semble bien se passer, mais c’est sans penser que dormir au milieu d’une muraille soit sans conséquence. Effectivement après un copieux apéro, après un insatiable diner composé d’une soupe, d’une entrée, d’un plat, du plateau de fromage et d’un dessert, le tout alcoolisé « nolimit » ! Une rumeur, un bruit, un écho ! Et des fuites en témoignent ! Une lady aurait avoué avoir eu du mal pour rejoindre le restaurant du rez-de-chaussée, compte tenu que depuis sa fenêtre elle se situait au deuxième étage, mais qu’il lui suffisait d’en monter un… Et la nuit ne lui a même pas permis de débrouiller tout ça…

Le deuxième jour la « grande boucle » ! Nous passons le mont Aigoual à 1567 mètres puis un arrêt déjeuner à Saint-Guilhem-Le-Désert, village hautement touristique. En sortant de « La Taverne de Lescuelle », découragés par la chaleur, la visite se résume pour la plus part à tourner en rond sur la grande place abritée d’un gigantesque platane, ou à siester dans l’église attenante. L’après midi la traversée du causse du Larzac sous 40°C met nos corps à rude épreuve, c’est dire si la pause à Millau est appréciée. Puis le reste de la journée est calqué sur la veille, baignade comprise, à un bé maul prêt : en guise de veillée nous avons eu droit à la chanson fétiche d’Annie « turlututu chapeau pointu… », Ainsi qu’à un échantillon des poèmes préférés de Philippe, bravo les artistes !!!

Comme pour rester en contact le plus longtemps possible avec cette beauté sauvage, le troisième jour nous visitons la Maison des Vautours. Réintroduits à partir de 1981, après une extermination due principalement à l’empoisonnement des renards par l’homme, leur population est aujourd’hui d’environ 1200 individus. Ils volent dans les airs du Parc National des Cévennes et du Parc Naturel Régional des Grands Causses. Qu’ils soient fauves, moines, percnoptères ou gypaètes barbus, en les spécialisant Dame Nature leur a appris à partager les carcasses pour mieux survivre, mais ce qui m’a le plus surpris c’est que malgré leur longévité de 50 ans ils restent fidèles à vie…

Nous quittons les gorges par une infinité de paysages, et nous prenons alors pleinement conscience de leurs beautés uniques. Comment est-il possible de réunir en un même lieu autant de diversité ?

Nos sept machines ont traversé Les Bouches du Rhône, le Gard, la Lozère, l’Aveyron, le Tarn et Hérault ! Le tout sur 950 kilomètres… Et à aucun moment elles nous ont trahis… Même si elles sont principalement composées de métal, elles ont su être assez souples pour nous supporter sans flancher, et nous permettre d’engranger des souvenirs plein nos têtes ! Alors un grand merci à nos motos car sans elles rien n’aurait été possible…

 

Robert Aïsa

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