Les Lacs Italiens

Les Lacs Italiens

 

Alors que la canicule vient de sévir depuis une bonne dizaine de jours, en ce dernier jeudi du mois de juin, depuis la station service Agip du nord d’Aix en Provence, nous voilà partis à 7 motos notre Américain de director en tête. Nous traversons les Alpes par Briançon et Montgenèvre, puis après un déjeuner réparateur entamons l’Italie par une grande descente vers Turin. Nous y ressentons bien les marques d’un peuple de bâtisseurs, les tunnels s’enchainent tout en rivalisant de longueur : un, trois, cinq, dix kilomètres et même plus ! Alors tant pis pour les claustrophobes…

En fin d’après midi nous passons au dessus de Milan, traversons le parc régional « Campo dei Fiori », en bordure du quel nous pénétrons dans le village de Castello Cabaglio où le director de Perpignan nous accueille magistralement le verre à la main. Nous investissons ensuite notre hôtel « Icasamia », chacun y trouve rapidement sa place, chaque étage est une enfilade de pièces parfaitement rénovées en chambres, cuisines ou salles de bain, surdimensionnée et séparée par des portes penchées. Après bien des manipulations l’intérêt de telles menuiseries devient plus clair, l’atmosphère d’un certain savoir faire artisanal nous envahi, nos âmes s’apaisent… Heureux d’apprendre que nous conserverons ce refuge jusqu’à la fin du séjour, depuis l’immense terrasse perchée sur les toits, eux mêmes entourés d’une épaisse forêt de chênes, châtaignés et autres essences de toutes sortes, c’est en contemplant une carte de la région que je comprends à quel point nous sommes idéalement placés, en plein milieu des trois lacs que nous souhaitons découvrir.

Passons aux choses sérieuses : un généreux apéritif laisse place à un bon diner de pays, l’ambiance est familiale, le risotto aussi… Repus, chacun rejoint sa chambre afin de se refaire une santé en vue du lendemain qui s’annonce mouvementé, seul Patrice reste pour représenter Marseille Chapter à la Veillée des chefs !!! Elle se serait terminée vers 2h30 du matin en compagnie des gens du village, tous les alcools locaux y auraient été dégustés…

D’entrée le vendredi matin Line nous met la pression avec son lit tiré aux quatre épingles, stylisé et digne des plus étoilés. Mais c’est bien grâce à elle et son caractère de fouineuse que son petit rire communicatif nous guide jusqu’aux sous-sols de l’hôtel. Là, après un vertigineux escalier, nous entrons dans le monde des pierres de taille ; et elle nous fait la visite d’un dédalle de voutes dans lesquelles se dissimule une série de bijoux composés de sauna, Hamann, douches, salle de massage et autres…

Après un petit déjeuner toujours familial, c’est dans une forme relative que notre director nous entraîne à l’assaut du lac Majeur. Moins encaissé et plus lumineux que le lac de Côme, il s'étire sur 65 km de long entre le canton du Tessin et la province de Lombardie, sa plus grande largeur est de 5 km pour une profondeur maximale de 372 m. Le niveau de son plan d'eau se situe à 193 mètres d'altitude, ses rivages sont d’ailleurs la partie la plus basse du territoire Suisse. Nous l’abordons par Laveno-Mombello via Luino où nous parquons nos rutilantes mécaniques. Sous la bienveillance de Philippe nous empruntons ensuite un car-ferry pour changer de rive, puis un bateau pour aller visiter une des îles Borromées,  L’ Isola Bella. Si chacun la parcours à son rythme, tout le monde est à l’heure pour reprendre un bateau afin d’aller déjeuner à Intra. Mais retour à la vraie vie, nos bicylindres nous manquent et encore plus leurs vrombissements ! Alors nouvelle traversée et direction Lugano pour les faire pétarader au rassemblement Harley Davidson. Nous y croisons des électrons libres de notre club et y dînons. Le retour dans notre repère se fait de nuit ; tien, les suisses ont conservé leur frontière…  A destination les bikers se font discrets de peur d’être désignés pour la Veillée des chefs…

Nous consacrons notre samedi au lac de Côme dans les Préalpes italiennes. A cheval sur les provinces de Côme et de Lecco il se situe à 201 m d'altitude, en forme d’un Y renversé son pourtour est de 140 km. Nous y arrivons par le sud, tout comme par hasard à Côme ! Nous visitons le centre ville et sa majestueuse cathédrale Santa Maria Assunta surmontée de son imposant dôme haut de ses 75 mètres. Après le déjeuner nous parcourons la rive ouest avant d’aller rejoindre à nouveau la concentration sur les rives du lac de Lugano. Chacun s’y diverti à sa façon jusqu’à ce qu’un irrésistible désir d’intimité nous envahi tous, alors retour dans notre repère… Si l’apéro et le dîner reste sage, la suite tourne à l’hystérie ! Mais quelle mouche nous a piqués ? Certainement l’appréhension du dernier soir… Dans le petit restaurant de village des chants improvisés fusent : « Et Viva Espagna !!! », cherchez l’erreur… Jusqu’à la formation de farandoles initiées dans l’hôtel par Line malgré le grand désarroi des voisins ! Sacrée Line…

Dimanche le retour : Nous avons eu le privilège de côtoyer la beauté des lacs du nord de l'Italie qui, formés à la fin de la dernière période glaciaire, fascine les vacanciers depuis l’époque romaine. La nature a fini par remplir d’eau l’empreinte des géants de glace disparus, jusqu’à alimenter le fleuve Pô par débordement… Aujourd’hui une explosion de couleurs méditerranéennes faite de camélias, de lauriers-roses et de palmiers luxuriants entoure les lacs d’un bleu azur. Des bateaux de pêche se balancent doucement dans de petites criques, des palais semblent flotter au-dessus de l’eau, des églises rustiques s’agrippent à flanc de falaise et des hôtels de la Belle Époque bordent le rivage. Alors oui nous avons succombé à ces charmes ! Avec même l’aide de dame Nature puisqu’au final elle nous a très peu mouillés...

Alors que presque la moitié du groupe poursuit ce périple Italien, plein d’obligations l’heure de rentrer sonne pour les autres. Si à travers les Alpes le trajet vers Marseille reste exceptionnel, un brin de nostalgie accroché à nos machines s’invite pour nous tenir compagnie…

 

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